Et les fameuses phrases clés; pour certaines si connues : pour la perle d'entre elles, encore et toujours: en insistant pour que Camille ait sa place, je serai l'auteur d'une demande abjecte puisque çà priverait un autre jeune... comment pourrai-je me permettre alors d'être dans cette insistance? J'y ai eu droit. Comme à chaque fois.
Une autre, la toute dernière: "Fallait y penser en souhaitant déménager!".

Il fallait penser à quoi au juste? De prévoir une vie linéaire, à savoir de ne pas déménager lorsqu'on est parent d'un enfant handicapé? Ou d'anticiper sur environ 2 à 3 ans? (puisque c'est en moyenne le délai d'attente pour une place en établissement). Surtout pour les "hors-département", et fonction des critères en place cette année par les décisionnaires. Oui, mais l'année dernière, les critères étaient différents. Quand sera-t-il l'année prochaine? Peu importe finalement. Ces mêmes personnes sauront toujours avoir les mots justes auprès des parents concernés. Çà, ils savent faire. Si il existait une mention à décerner, je leur attribuerais celle de l'excellence. Trop fort...!

Très fort également pour trouver la faille. Celle qui permettra encore un peu plus de se dédouaner de toute responsabilité (Après tout, pourquoi occuper des postes de responsables, si, en plus, il fallait en assumer la ... responsabilité). Alors, celle du jour, je vous la dévoile. Camille, née en décembre 1991, a eu 16 ans. Comprenez, elle n'est plus dans l'obligation éducative. Je pensais que cette obligation concernait les parents. La MDPHI me répond qu'elle est dans les deux sens.

La dernière loi sur l'égalité des droits des personnes handicapées du 11.02.2005 stipule pourtant que le service public de l'éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, adolescents et adultes handicapés. Le paragraphe est déjà long. Je vais m'arrêter là. Puisque pour eux, le principal est d'avoir le mot de la fin pendant que je me perds dans des discussions sans fins...
 
J'ai toujours voulu que Camille ait accès à ses droits. Puisqu'elle en a. Pour çà, j'ai souvent rappelé qu'en face, certains avaient des devoirs: ces fameux décisionnaires, ces responsables. Ceux qui sont dans la toute puissance puisque, finalement, le devenir de Camille dépend d'eux. Ceux qui oeuvrent en méprisant les textes de loi - Ici, chez nous, en France, pays des droits justement -  En toute impunité.

Moi aussi, en tant que parent, j'ai des devoirs vis à vis de Camille. Et pour la première fois, je ne les remplis pas. Je me dis pourtant avoir fait le nécessaire. Mais face à son regard, à son inquiétude tellement forte de savoir où elle sera à la rentrée, j'ai juste pu lui dire que je continuais à m'en occuper, qu'elle ne s'inquiète pas, et comme il était tard, qu'on en parlerai demain.


Sylvie Armand